Le Chien, la nuit et le couteau

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Le spectacle est une expérience envoûtante qui place le spectateur au coeur de l’action
alors que les trois comédiens déploient toute leur audace et leur démesure pour créer un espace de jeu unique.
Dans un lieu qui se transforme, ils invitent le public à les accompagner dans un voyage hors du commun.

Dans cette pièce, Mayenburg nous plonge dans un monde apocalyptique où la réalité semble avoir été renversée. Sans qu’on ne sache pourquoi ni comment, la nuit a pris la place du jour, et le sable a envahi la ville. Il n’y a plus d’eau, ni de nourriture. Affamés, les hommes en son rendus à la pire des extrémités… le monde des humains est devenu celui des bêtes.

Ce nouveau système dévoile soudain toute l’absurdité de celui que les hommes construisent depuis la nuit des temps. Les avocats deviennent des criminels, les policiers des bourreaux, et les hôpitaux des boucheries. Le grand ordre humain élaboré depuis des siècles est arrivé à sa fin. Sous les décombres de l’humanité, la nature de l’homme refait surface. Et la seule loi qui demeure, c’est la loi de la jungle.

Dans cette nuit inquiétante, M – homonyme de l’auteur ? – tente de trouver son chemin jusqu’à l’aube. Il ne sait pas s’il fait un rêve, mais tout son parcours en suit la logique. L’espace et le temps sont constamment déformés, et les personnes qu’il rencontre se ressemblent étrangement. Pourtant, de ce rêve, M ne peut pas se réveiller. Il doit donc trouver un moyen d’y rester… vivant. Pour survivre, il doit se défendre et devenir un prédateur à son tour. Ou, au contraire, il doit faire confiance à des inconnus et risquer des alliances. En d’autres termes, il doit vaincre sa peur pour réapprendre à vivre avec les autres.

À la manière de Kafka, Mayenburg use de la métaphore surréaliste pour parler de son époque. En effet, le monde sans pitié qu’il décrit offre beaucoup de ressemblances avec le nôtre où notre individualisme nous transforme parfois en de véritables bêtes sauvages. L’appât du gain qui installe entre nous une compétition féroce scinde véritablement notre monde entre proies et prédateurs. Pourtant, alors que les ressources de notre planète menacent de s’épuiser, il est plus que jamais temps de vaincre notre peur pour apprendre à vivre ensemble. Le projet collectif nous semble le seul salut de l’humanité.

Texte : Marius von Mayenburg // Traduction :
Hélène Mauler, René Zahnd // Mise en scène :
Mireille Camier // Interprétation : Gabriel Coutu,
Amélie Langlais, Antoine Beaudoin Gentes //
Musiciens : Mykalle Bielinski, Simon Déry //
Assistance à la mise en scène, dramaturgie et régie :
Sophie Tremblay-Devirieux // Direction de
production et promotion : Amélie Bourque Gagnon
// Décor : Sylvianne Binette, Catherine Bernier //
Costumes et accessoires : Amélie Jodoin, Sabrina
Gagnon Dubois, Sarah Sloan // Éclairage : Mélissa
Perron // Direction musicale : Marie Rondot

CENTRE SEGAL DES ARTS DE LA SCÈNE
5170, chemin de la Côte-Sainte-Catherine
Du 13 au 25 février

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